
Ce sont les travaux pour l’implantation d’un lampadaire sur un rond point au printemps 2021 qui ont permis aux spéléologues de notre club de découvrir cette cavité exceptionnelle.
Après trois semaines de désobstruction intense, nous avons réussi à passer dans un boyau semi vertical assez étroit qui nous a permis d’accéder au balcon d’une salle: porte d’entrée de ce réseau que nous nommons prosaïquement le trou du lampadaire.



En descendant dans la salle, nous observons des poteries et des os manifestement humains. Au sol un chaos de blocs, où nous progressons rapidement jusqu’au gour, là nous comprenons, avec beaucoup d’émotion, que cette découverte spéléologique va se doubler d’une découverte archéologique : tessons, poteries entières, charbon de bois, traces de cheminement…



En prenant beaucoup de précaution, nous continuons l’exploration : nous posons au sol des rubalises que nous suivrons afin de de pas piétiner des vestiges. La suite va nous faire monter les larmes au yeux car dans la glaise, nous découvrons des traces de pieds nus d’enfants ! Aussi quand après de belles concrétions triangulaires, nous voyons une corne (de chèvre), dans l’état d’émerveillement qui est le nôtre, nous décidons de rebaptiser la cavité : le trou de la licorne!



Quand nous arrivons à la salle du Porche avec son chaudron de Taram entier, ses niches aménagées, ses murets, sa très belle sépulture entourée de poteries magnifiques, les os, la meule, les coupes, l’excitation et l’émotion sont leurs combles et nous savons que nous venons de faire une grande découverte. Aussi, dès notre sortie, nous ne tardons pas à faire une déclaration à la DRAC au nom du club, car tous nous avons participé à cette découverte.



Devant la richesse et l’état de conservation du site, nous savons que dorénavant ce sont les scientifiques qui seront les acteurs principaux de l’étude, mais notre club est associé à celle-ci au travers d’une convention de partenariat entre la DRAC et nous.
Dossier de presse du ministère de la culture
Et géologiquement parlant, le trou de la Licorne qui a décidément, plus d’une corde à son arc, est aussi très intéressant. Formé dans les calcaires issus de la barrière corallienne de l’Oxfordien, du temps où notre région ressemblait aux Bahamas (température comprise), elle garde les séquelles de glissements gravitaires qui se sont produits dans la pente de la barrière de corail vers les grands fonds. On voit très bien les stries de glissements et les slumps lorsque le glissement rencontrait un obstacle.

